Une Zone de libre-échange continentale pour l'Afrique

  • Source: : RFI | Le 21 mars, 2018 à 02:03:12 | Lu 4079 fois | 7 Commentaires
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Une Zone de libre-échange continentale pour l'Afrique

Les dirigeants africains se réunissent aujourd'hui mercredi à Kigali au Rwanda, pour lancer la ZLEC, la Zone de libre-échange continentale. L'accord qui sera signé en l'absence du Nigeria, qui n'est pas favorable au projet dans sa forme actuelle, prévoit d'instaurer à terme une zone de libre-échange entre les 55 pays qui constituent le continent.

« C’est la plus grande zone de libre-échange en nombre de pays, en nombre de personnes concernées. C’est donc un chantier gigantesque. »

Le Bissau-Guinéen Carlos Lopes, ancien dirigeant de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique, est un fervent partisan de la ZLEC. La Zone de libre-échange continentale est la première étape d'un processus qui doit aboutir dans dix ans à la création d'un marché unique africain. La ZLEC, c'est donc le rêve de voir abolies les barrières douanières entre les 55 pays du continent et donc de dynamiser les économies. Pour Carlos Lopes, c'est donc l'inverse de la fragmentation économique qu'il constate actuellement au sein des grandes régions africaines.

« Nous sommes dans une espèce de logique de fragmentation, logique de rupture de la convergence qui est nécessaire pour créer une zone de libre-échange. On peut donc se demander si les dynamiques sous régionales ne sont pas en train de miner la possibilité de l’intégration régionale plutôt que de la favoriser. Avec la ZLEC, nous allons vraiment niveler tout cela, ce qui changera complètement la donne. C’est ce qui se fait avec tous les zones de libre-échange, c’est ce dont l’Afrique a besoin. »

Mais qui dit libre-échange dit concurrence accrue entre des pays au niveau de développement très divers. Est-ce que les puissances africaines ne vont pas avaler les pays les plus faibles ? Une crainte exprimée par le professeur Ndongo Samba Sylla, de la Fondation Rosa Luxembourg à Dakar. Il estime que les pays africains ne sont encore prêts pour le libre échangisme.

« Pour moi, les gagnants seront les plus grands pays comme l’Afrique du Sud, peut-être le Maroc, à la limite le Nigeria, mais selon les secteurs, il y aura également des gagnants et des perdants. Certains pays se seront plus développés sur le plan agricole et d’autres en pâtiront. De manière générale les petits pays auront du mal à protéger leur marché intérieur face aux grandes entreprises transnationales, qu’elles soient africaines ou étrangères. Il y a de réels risques qu’il y ait de grandes polarisations entre les pays africains. »

L'accord instituant la ZLEC signé ce mercredi doit être ratifié au moins par 22 pays pour entrer en vigueur. Beaucoup de questions restent sans réponse, comme par exemple la compensation pour les pays qui ont besoin des recettes douanières pour équilibrer leurs comptes, mais les partisans du libre échangisme africain espèrent enclencher une dynamique positive, ce mercredi à Kigali, au Rwanda.


Auteur: Olivier Rogez - RFI






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Commentaire (4)


Anonyme En Mars, 2018 (03:26 AM) 0 FansN°: 1
Trés bonne question que souléve Ndongo Samba Sylla je pense. C'est bien une zone de libre échange mais les pays avec moins de ressources seront laisser au fond du gouffre
Reply_author En Mars, 2018 (09:10 AM) 0 FansN°: 1
donc les pays comme la cote d'ivoire, le senegal, le ghana, le rwanda n'ont pas de bons cadres économistes dans leurs ministeres?
ces genres d'argumentations me semblent un peu prétentieux
Reply_author En Mars, 2018 (12:47 PM) 0 FansN°: 1
carlos lopez est un tocard et l'onu ne veut pas notre bien.
avant de penser à l'échelle du continent on doit organiser chaque bloc africain en etat nation. sans ce préalable on va avoir un bordel qui va profiter aux multinationales encore plus. on aura aussi une union africaine très loin de l'aspiration des peuples, parce qu'elle va représenter les intérêts particuliers et les multinationales.

c'est triste pour les africains que nous sommes !

l'union africaine ne doit pas se substituer à la cedeao ou à l'afrique de l'ouest. evitons les usines à gaz !
Anonyme En Mars, 2018 (06:04 AM) 0 FansN°: 2
Devinez qui va en profiter le plus...
Alda En Mars, 2018 (09:09 AM) 0 FansN°: 3
Rien de sert de courir, il faut partir à point.

A mon avis, il fallait d'abord :

- Se libérer de plus en plus de l'emprise des occidentaux en récupérant l'économie entre leur mains;

- renforcer et consolider les groupes régionaux déjà existant (CEDEAO, CEMAC, etc) et instaurer d'abord le libre échange dans ces zones, puis, confédérer ces groupes dans une entité africaine qui sera ainsi constituée de groupes régionaux assez solides.
Anonyme En Mars, 2018 (10:24 AM) 0 FansN°: 4
D'Habitude sama natango sénégalais yi daniouy am xam xam ci lep, mais là c'est leger comme intervention. A un moment donné je me disais que le sénégalais sait tout, ya qua voir les emissions de wakh sa khalat, la meme personne intervient chaque jour quelque soit le theme
Reply_author En Mars, 2018 (11:58 AM) 0 FansN°: 1
"wakh sa khalat " n est pas une reference

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