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Malheurs du Ciel ! Malheurs du Sol !

Posté par: Babacar diop| Samedi 09 août, 2014 14:53  | Consulté 1681 fois  |  0 Réactions  |   

   Pas de pluies tombées du ciel ! Pas  de fruits cueillis au sol ! Excepté de pauvres mangues sans goût. Excepté des sorgos de malheur sans vitamines. La nature, que veut-elle réellement ? Certainement elle veut en finir avec l’Afrique et ses habitants. L’Afrique serait-elle donc une terre maudite depuis jadis? Mais maudite par qui ? Assurément par le ciel.. Par le sol. Une terre écrasée par les malheurs du ciel et ceux du sol. Son existence historique n’a duré qu’un demi-siècle et la voila cette terre rudement frappée par les forces célestes et terrestres à la fois.

 

   L’apocalypse now. Le monde s’effondre. Le scénario catastrophe. Toute cette rhétorique de malheur, toute cette terminologie du mal se précise sémantiquement. La nature veut en finir avec la vie sur cette région du globe. Pas du tout avec la vie. Plutôt avec une certaine vie d’une certaine espèce d’humains auxquels vont succéder d’autres êtres plus adaptés à cet environnement aride et rude, hostile à la vie sous sa forme actuelle. Où donc iront les êtres faibles rescapés de l’apocalypse ? Nulle part ailleurs dans l’univers. L’univers ne veut pas d’un être faible. La faiblesse est une vacuité. Or « la nature, dira le vieil adage, a horreur du vide ». La vie est une plénitude. Elle reste toujours l’apanage des hommes pleins et vigoureux.

 

    La nature veut certainement en finir avec nous dès l’aube de notre existence historique. Elle a voulu nous exterminer en frappant avec de terrifiants engins de mort. Mais toujours est-il que nous savons résister. Je dirais que nous l’avons échappé belle. Car il s’agit d’une résistance passive. Gare à la résistance.

 

   La peste a-t-elle jamais frappé ? Peut-être oui, peut-être non. Nous en aurons toujours un vague souvenir, un souvenir des ravages causés par la peste. C’est un souvenir du passé. Le passé ne nous a jamais intéressés que pour revigorer des vérités usées. En effet, le souvenir du passé n’a d’intérêt que pour celui qui sait en tirer de belles leçons. La peste a-t-elle jamais sévi dans cette région du monde ? On ne sait pas.. Objection. Exception accordée au Prix Nobel de littérature. Camus seul se souvenait de La peste, cette cruauté de la nature, avec son lot de malheurs. Néanmoins l’auteur de L’étranger fut un occidental intrus dans nos propres affres. Vous le savez sans doute, mieux que moi, l’homme occidental est capable de souvenir qui lui est très utile, car il sait en tirer des conséquences et des leçons de sagesse pratique.

 

   Halte à la digression inutile sur les énormes capacités de l’homme occidental dans le domaine de la mnémotechnique. Revenons en à la peste et aux autres malédictions de la nature. La lèpre et le paludisme, sans oublier les mouches tsé-tsé, ainsi que  les gisements inépuisables, renouvelables, de moustiques qui voltigent nuit et jour dans la maudite zone des Niayes, à l’opposé des énergies non renouvelables comme le gaz butane. Malheur au rédacteur de ces lignes pour y avoir élu domicile définitif. Ce que vous ne savez pas, c’est que, par le passé, j’ai failli délocaliser ma demeure et réélire domicile ailleurs. En tout état de cause, d’autres habitants plus téméraires des Niayes ont vendu leurs maisons pour s’éloigner des bestioles, des vols rocambolesques, nocturnes et diurnes, et pour l’échapper belle aux impôts auxquels je n’ose pas attribuer un qualificatif par peur de représailles. Je ne savais pas que c’est pour des raisons démagogiques que l’on prétend qu’une terre est riche par ses hommes et ses femmes, tout comme je ne savais pas non plus que c’est pour les mêmes raisons perfides que l’on a prétendu qu’un vieillard qui meurt chez nous est une bibliothèque qui brûle. Une terre est appauvrie par ses hommes et ses femmes. Cela est une vieille certitude, et une autre certitude est que l’idée fantastique d’ériger des gratte-ciel, de construire de belles avenues n’a pas germé dans la tête de nos ancêtres, afin de conjurer en notre faveur les maux et les affres célestes comme terrestres à la fois.

 

   Revenons une fois de plus à la peste, à la lèpre et au paludisme. Et nous y voilà déjà avec le syndrome de l’immunité réduite au néant du corps, de tous les corps d’Afrique. Ce dont on est certain est que la peste, le paludisme et le syndrome maudit tuent avec une certaine lenteur qu’on leur connaît. Mais la nature sait toujours concevoir d’autres virus plus mortels, d’autres malheurs, pour être plus précis, qui exterminent les êtres vivants en un temps record. Nous y voilà encore avec Ebola. Quel frisson ! Quelle terreur ! Quelle idée folle que celle-ci : ce serait l’Occident qui l’a fabriqué. Quelle démence ! Qu’a donc l’Occident pour créer Ebola ? La nature cruelle est là pour ce faire. Les occidentaux ont d’autres chats à fouetter que de fouetter les africains. Les occidentaux peuvent fouetter d’autres peuples qu’eux-mêmes, mais c’est pour le propre plaisir des peuples fouettés. L’Occident n’est pas sadique, ce sont les peuples sous-développés qui sont masochistes, qui se délectent à être torturés. Ebola est bien là, chez nous et son nom sonne particulièrement local. Ebola n’est pas un nom occidental. Les racistes et les fascistes seront enchantés de nous voir patauger dans une boue de virus mortels. C’est dans la nature des choses que de souhaiter le malheur à ses ennemis, à ceux que l’on méprise, à ceux que l’on déteste.

 

   Ebola frappe à nos portes et c’est lui le nouveau-né. Gare à la résistance ! Si l’Afrique y résiste encore et ne cède pas, comme elle l’avait fait par le passé, alors d’autres bêtes féroces infinitésimales, plus cruelles en génocide et en extermination, plus rapides, surgiront des ombres et des entrailles de la terre.

 

   Le scénario catastrophe se dessine avec précision. Ebola frappe et se propage à une vitesse vertigineuse. Les victimes se cachent et se dissimulent dans des foules compactes. Les hécatombes se multiplient. L’homme blanc, comme il est toujours le sujet historique, prend la fuite. Le continent commence à se vider de l’homme blanc qui est facilement effrayé, des diplomates et des hommes d’affaires. L’élite sportive devient plus prompte à s’enfuir. Ebola, tout comme d’autres malédictions, remonte au Nord, descend vers le Sud, et se propage à l’Est et à l’Ouest. L’élite intellectuelle, contrairement à son alter ego, l’élite footballistique, sera emmurée vivante. L’élite a du talent. On n’en disconvient pas. Mais elle n’a rien à vendre. Une élite n’a que des idées. Mais l’élite sous-développée n’a pas de bonnes idées.

 

                                                   Babacar Diop

 

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babacar diop
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